Chapelle

Ancrages & résidences : "La Chapelle" danse

Inauguration Chapelle Sainte Marie © Camille Arnaud

Depuis 2018, la Chapelle Sainte-Marie, nouveau lieu dédié à la danse, a ouvert à Annonay. Un projet fou alors que l’on n’osait plus consacrer un espace complet au 6e art dans notre XXIe siècle perturbé. Abou Lagraa et Nawal Lagraa Aït Benalla ont voulu s’ancrer dans un territoire après des années de nomadismes et de résidence d’un théâtre à l’autre. La Chapelle est devenue, avec l’aide de la Mairie d’Annonay, le lieu qui leur permet de rassembler tous leurs projets : la création de spectacles, des actions de sensibilisation et de transmission, et le soutien aux artistes.

Ils ont voulu créer un lieu qui leur ressemble et qu’ils codirigent : un projet généreux et ouvert aux autres, permettant d’exorciser les blocages des danseurs ou des habitants. Monter un lieu pour la danse imaginé par des danseurs. Un projet à la fois fou et raisonnable, car en avance sur son temps.

« On s’est installé ici non pas en position de repli mais avec l’idée que l’on avait besoin d’ancrage pour jouer un rôle géopolitique, répondre à un enjeu socioculturel. Notre objectif avec La Chapelle : faire rayonner la danse depuis l’Ardèche vers le monde entier, vers les professionnels comme les publics empêchés. Nous souhaitons continuer à parler à ceux qui ne connaissent pas la danse. On y réinvente sans cesse notre rôle »
Expliquent les deux co-directeurs

Une villa médicis pour la danse & son modèle économique

Il s’agit d'être dans l’esprit d’une « Villa Médicis » pour la danse, mais à Annonay en Ardèche. Un lieu imaginé à deux et précurseur dans la démarche, d’investir une ville moyenne loin des métropoles. À la fois siège administratif et studio de répétition, pour la compagnie La Baraka, base qui lui permet d’engager un vrai travail sur le territoire. Il est aussi un lieu de résidence pour les compagnies de danse confirmées et émergentes. A celles-ci est proposé un vrai temps de recherche qui n’aboutit pas forcément à une création. Un moment de pause. Une fois le dossier accepté, la résidence et le logement sont gratuits. Dans le cahier des charges il est juste demandé aux artistes d’ouvrir les portes de certaines de leurs répétitions au public.

Ici, les chorégraphes vivent une expérience inédite : la beauté inspiratrice du lieu en fait un lieu unique en Europe. Le soir, les compagnies en création peuvent rejoindre des appartements, comptant au total dix chambres, aménagés dans le vieil Annonay à deux pas du studio de danse. Quand on est artiste résident à La Chapelle, on n’est pas juste un occupant des lieux, il y a une qualité d'accompagnement technique et de communication de l’équipe en résidence à La Chapelle. Et même plus :

« C’est très inspirant d’être là. Nous sommes en résidence pendant un mois. La Baraka sait comment mettre les artistes à l’aise. Abou et Nawal Lagraa étaient très présents. Ils ont assisté à nos répétitions, ont regardé le travail et nous ont fait des retours. C’était très précieux pour nous. »
Témoignage d'Omar Rajeh de la compagnie Maqamat, en résidence à La Chapelle en février 2021

La Chapelle, c’est une maison de la république, ouverte vers les autres. La générosité, la tolérance, la transmission, le partage en font un lieu où l’on peut s’exprimer. Le lieu où on peut être qui on est, le lieu où l’on découvre des choses nouvelles, un lieu où on réfléchit. La Chapelle veut être une sorte de locomotive qui porte et transmet des valeurs à tous ceux qui en franchisse la porte, toutes générations confondues.

À l’origine, La Baraka entendait bien démontrer nationalement qu’une structure peut fonctionner en dehors des grandes métropoles. Et proposer une alternative aux labels existants qui sont souvent trop lourds à porter administrativement. Avec le modèle de La Chapelle, la compagnie souhaitait ni plus ni moins créer une sorte de pôle ayant valeur d’exemplarité. Elle ne renonce pas d’ailleurs à créer un réseau et à être une sorte de chef de file de ces types de lieu en France, dont l’utilité pendant la crise sanitaire a été révélée avec acuité.

Le modèle économique de la compagnie est celui d’une P.M.E. avec une petite équipe compétente et polyvalente.

Pour que La Chapelle fonctionne, une convention de partenariat a été nouée avec les principaux partenaires publics ; Ville d’Annonay, Département de l’Ardèche, Région Auvergne-Rhône-Alpes, Ministère de la Culture - D.R.A.C. Auvergne Rhône-Alpes.
Mais la Compagnie La Baraka fonctionne depuis longtemps avec du partenariat privé et des mécènes fidèles engagés autour d’un projet comme celui de « Premier(s) Pas » avec Les Fondations Edmond de Rothschild. Ou encore La Fondation de France pour les publics empêchés.

L’apport du mécénat pour la compagnie et La Chapelle est d’environ 100 000 € par an. C’est grâce à ce mécénat que La Chapelle peut ouvrir gratuitement au public et aux particuliers et faire des ateliers auprès de divers publics des plus jeunes aux plus anciens.

© Camille Arnaud

Souvenirs de 2019 à La Chapelle

Les résidences, un espace de travail inspirant

Les actions culturelles, le lien entre les habitants et la Chapelle

Guesch Patti

Cie Ameka

Guesch Patti

Luigia Riva - cie Inbilico

Luigia Riva - cie Inbilico

Résidences

L’idée est de partager un espace de travail inspirant et confortable avec d’autres artistes invités et hébergés dans des appartements en plein centre-ville, loués à l'année par La Baraka.

Ces temps de recherche artistiques sont ouverts aux publics et aux scolaires une fois par semaine lors des " Rendez-vous à La Chapelle ".

Le public peut s’immerger dans le processus de création en ayant un rapport direct aux artistes. Ces rencontres permettent de désacraliser l’image élitiste de la danse en vivant des moments privilégiés où toutes les questions sont permises.

Les résidences

Actions culturelles

Un des grands enjeux de la compagnie est de créer un lien fort avec les habitants pour que la chapelle devienne un lieu de rencontre et de découverte de la danse, ouvert à tous.

Découvrir les actions

Expositions du GAC

Avant le projet d’implantation de la Cie la Baraka dans La Chapelle Sainte-Marie, le Groupement d'Art Contemporain d'Annonay investissait ce lieu pour y proposer des expositions de divers artistes contemporains.
La mission du G.A.C. est la diffusion de l’art contemporain. La Baraka soutient cette démarche et est soucieuse de s’inscrire et de s’associer à cette dynamique locale & culturelle fort !

Chaque été le G.A.C. investi La Chapelle pour une exposition d'un mois.

  • 2018 : L'Éternel et le changeant par Alexandre Hollan avec Jean-Luc Meysonnier
  • 2019 : Mélodie Cocktail par Aurore-Caroline Marty
  • 2020 : exposition annulée en raison de la crise sanitaire